Murat.fr - Ville de Murat - Cantal Auvergne 15300
COMMERCES & ARTISANS

Histoire de Murat & Mémorial des déportés...

Murat est l'une des villes du département dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Son nom celtique signifierait " roc escarpé ", il apparaît pour la première fois dans l'histoire en l'an 270 lors de l'évangélisation de l'Auvergne. La ville est une place fortifiée, sa vicomté est déjà puissante et son château existe longtemps avant l'an 1000.

A partir du XI ème siècle son expansion est liée à la construction du prieuré de Bredons (vers 1050) par des moines bénédictins venus de Moissac (Tarn et Garonne).
La tutelle religieuse de Bredons sur Murat se maintiendra jusqu'à la Révolution française. Dès l'origine, la vicomté de Murat relève du Domaine de Carladés que le Prince de Monaco recevra de la France au XVII ème siècle.

Au Moyen-Age, la vicomté de Murat est l'une des seigneuries les plus puissantes de la Haute- Auvergne. Son château fortifié constitue un bastion quasiment imprenable: il occupe le sommet du rocher de Bonnevie. Symbole d'un pouvoir menaçant pour l'autorité royale, il est détruit en 1633 sur ordre de Richelieu.

 

La guerre de Cent ans a sévi dans la région : la cité de Murat fut livrée au pillage. La fin du Moyen-Age apporta à la cité une longue suite de calamités : la peste ravagea la ville qui fut peu après le théâtre d'une sanglante guerre de familles entre Renaud de Murat et Pons de Cardaillac, tous deux prétendants à la vicomté.

On dit que pour se venger des muratais qui l'avaient trahi en soutenant son cousin, le vainqueur, Cardaillac, fit tirer, depuis le château, des coups de bombarde sur la ville et tenta de l'incendier.
En 1415, la vicomté passe à la famille d'Armagnac dont le chef, Jacques, était un ami d'enfance de Louis XI. Le domaine de Murat devient, en 1489, propriété des Ducs de Bourbon. Il est réuni à la couronne en 1531.
L'ancien régime apporte à la ville des temps paisibles, peu de faits marquants ont traversé l'histoire de la cité. La reine Margot, femme de Henri IV, séjourna au Château quelques temps fuyant une épidémie de peste qui progressait dans la région. Après la Révolution, la réorganisation administrative oppose Murat à St-Flour dans une longue querelle d'influence. La dernière guerre devait marquer tragiquement la vie de la cité Murataise. La région abrite de nombreux maquis et résistants. Le 12 Juin 1944, sur dénonciation, des soldats allemands et des miliciens commandés par le capitaine Geissler, chef de la gestapo de la zone sud, investissent Murat afin de procéder à l'arrestation de plusieurs de leurs chefs.

Un groupe de maquisards venant de Saint-Genés (63), avertis de la présence d'allemands à Murat, font feu des hauteurs de la ville en direction de la place du Balat. Ils tuent plusieurs miliciens et soldats allemands dont le capitaine Geissler. Le 24 Juin, les troupes allemandes reviennent en force à Murat et arrêtent, en représailles, tous les hommes se trouvant en ville : 120 hommes sont regroupés et emmenés vers Clermont- Ferrand pour être déportés dans les camps de concentration ( Neuengamme pour la plupart ). Voyage sans retour pour 80 d'entre eux.

En mémoire de cette tragédie, le Monument Départemental de la Déportation a été érigé à Murat et inauguré solennellement le 14 Novembre 1948. 


NEUENGAMME : UN MEMORIAL EN HOMMAGE AUX DEPORTES MURATAIS
NEUENGAMME : UN MEMORIAL EN HOMMAGE AUX DEPORTES MURATAIS
NEUENGAMME : UN MEMORIAL EN HOMMAGE AUX DEPORTES MURATAIS
NEUENGAMME : UN MEMORIAL EN HOMMAGE AUX DEPORTES MURATAIS

Déportés à Neuengamme en 1944
Murat dans la Tourmente

Les événements de Juin 1944 ont fait basculer la vie des Muratais. Si cette page de l’histoire est bien connue par la plupart d’entre nous, en revanche combien savent ce qu’il s’est réellement passé dans ces camps de concentration où ont été déportés 120 Muratais ?

Suite aux événements des 12 et 24 Juin 1944, les troupes allemandes reviennent en force à Murat et arrêtent, en représailles, tous les hommes se trouvant en ville : 119 hommes sont emmenés vers Clermont- Ferrand pour être déportés dans les camps de concentration (à Neuengamme). Arrivés à Clermont Ferrand dans la nuit du 24 au 25, les Muratais sont internés à la prison allemande située à la caserne du 92ème RI. Le 6 juillet 1944 ils sont envoyés vers Compiègne, au camp de Royallieu qui ne sera qu’une étape sur le chemin de l’Allemagne. Le 15 juillet, un train est formé à destination de l’Allemagne. Ils sont 60 par wagon à bestiaux ; Après trois jours de voyage , alors que les hommes souffrent d’une soif terrible, le train s’arrête. Brutalisés par les gardiens, les prisonniers descendent, et à vue de quelques bagnards en tenue rayée, ils découvrent leur destination : un bagne !

UN MEMORIAL EN HOMMAGE AUX DEPORTES MURATAIS

En juin 2012, soit 68 ans après cette rafle nazie sanglante, une délégation murataise a été invitée à Neuengamme afin d’inaugurer une stèle en hommage aux déportés muratais.

Cette stèle est un monument à hauteur d’homme, érigé au centre d’un pavage d’environ 3m² et constitué de 6 colonnes de basalte de différentes hauteurs qui enserrent une colonne centrale plus élevée. (Orgues basaltiques provenant du Rocher de Bonnevie). 

Ces colonnes de pierres dressées, cerclées par un fer à béton, symbole de la captivité et de l’oppression, évoquent des silhouettes humaines qui se blottissent les unes contre les autres dans un élan ambivalent d’effroi et de solidarité. Cette stèle a été dessinée par l’architecte muratais Christian Pichot-Duclos, petit-fils de déporté. 

NEUENGAMME

La création du camp de Neuengamme s’inscrit dans la volonté de Hitler de restructurer des grandes villes d’Allemagne dont Hambourg. C’est donc sur un terrain de cinquante hectares comportant une glaisière et une briqueterie que sera implanté le camp de concentration de Neuengamme à 25 km au sud-est de Hambourg, à la fin de 1938. Le camp de Neuengamme était un réservoir de main-d’oeuvre pour les usines et les chantiers de tout le nord de l’Allemagne, en particulier les régions de Hambourg, Brème, Hanovre...
Les déportés étaient alors envoyés dans ses annexes extérieures appelées «Kommandos». Parmis ces kommandos où travaillèrent des Muratais, on peut citer celui d’Hambourg, où l’on déterrait les bombes non explosées ; celui de la construction de la base sous-marine Hornisse, celui de l’usine de Blumenthal près de Brème et d’autres à Braunschweig, Salzgitter, Kaltenkirchen...

Le groupe le plus important de Muratais a travaillé à la construction de la base Bunker Valentin à Brème Farge. Cette base devait servir à la fabrication et au montage de sous-marins. La construction est gigantesque, grande comme 5 terrains de football, 40m de hauteur, une toiture épaisse de 8 mètres. Les conditions de travail sont épouvantables.
Le 1er août 1944 un convoi de 800 Français est dirigé vers Brème Farge, parmi eux plus de cinquante Muratais. Ils seront 33 à y trouver la mort.
A quelques kilomètres de là, dans un autre Kommando, les déportés construisent un autre abri en béton, le Bunker Hornisse destiné à la réparation de sous-marins. Le même jour, un groupe de 120 Français est dirigé vers le Bunker Hornisse dont plusieurs Muratais. 4 d’entre eux ne reviendront pas.
LES EVACUATIONS 
 
En avril 1945, devant la poussée des armées alliées, les allemands décident l’évacuation du camp et de tous les Kommandos. Ils tentent de faire disparaitre les déportés. A pieds ou dans des wagons-tombereaux, ils sont dirigés vers le camp de Bergen Belsen où la maladie et la surpopulation font des ravages.
 
Les Anglais arrivés le 15 avril, vont trouver 10 000 cadavres. Il y en aura 9 000 de plus fin avril. On y dénombrera trois morts et deux rescapés parmi les Muratais. 
 
D’autres déportés se retrouvent dans un camp de prisonniers de guerre à Sand Bostel où ils connaîtront l’émeute, le cannibalisme, le mitraillage, puis le typhus. Il y aura 8 morts parmi les Muratais à Sandbostel et 12 rescapés. Un autre groupe rejoindra Lübeck pour être chargé sur des bateaux : le Cap Arcona, le Thilbeck et l’Athen. On dénombre un mort parmi les Muratais sur le Cap Arcona et six rescapés sur l’Athen.

Ce sont 100 600 personnes appartenant à plus de 28 nationalités qui seront déportées à Neuengamme ou dans ses annexes. Les plus nombreux furent les Soviétiques suivis des Polonais, puis les Français au nombre de 11 000. Les Français ont eu 7 500 morts, soit plus des deux tiers.
En l’espace de onze mois, parmi les personnes arrêtées à Murat et envoyées en déportation on dénombre 75 morts dans le camp de Neuengamme et ses annexes et 34 rescapés.

À Murat, le monument départemental de la Déportation a été inauguré le 14 novembre 1948. A l’intérieur de l’enceinte, près du monument a été enfouie de la terre provenant de Neuengamme. 

L'Association des déportés internés et familles (ADIF) du Cantal Association Régionale de Neuengamme du Cantal a réalisé un important travail de mémoire et le met à votre disposition : 

"Arrêtés dans le département du Cantal en 1944, déportés à Neuengamme" (avec photos individuelles des déportés)